Tendance : vers la fin de l’argent liquide?

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C’est un fait : de moins en moins de Français manipulent, au quotidien, de la monnaie. Il faut dire qu’entre la carte bancaire, le paiement sans contact et le paiement mobile, les alternatives au « cash » ne manquent pas ! Pour autant, va-t-on vers la fin de l’utilisation de l’argent liquide ? Faisons le point.

Le “cash” en perte de vitesse

Nous avons tous la sensation d’avoir moins de monnaie en poche qu’il y a quelques années. Et ce n’est pas qu’une impression, mais une réalité identifiée par les organismes bancaires et monétaires.

Un déclin identifié par la Banque de France

Les pièces et les billets ne sont pas encore de l’histoire ancienne, mais la tendance est très claire : en France comme en Europe, l’utilisation de la monnaie se raréfie . La Banque centrale européenne (BCE) estime notamment qu’un tiers seulement des dépenses sur le territoire hexagonal se fait en espèces[1].

La Banque de France ne dit pas le contraire. Elle estime même, dans une enquête publiée en 2019 par le quotidien Le Monde[2], que les paiements en billets pourraient reculer (en valeur, c’est-à-dire la somme dépensée au total via ce moyen de paiement) de plus de 20 % d’ici 2025. En volume, sur la même période, le nombre de billets échangés entre les particuliers et les professionnels pourrait baisser d’un quart, voire plus.

Des distributeurs qui se raréfient
Il faut dire que les distributeurs automatiques de billets (et donc les possibilités d’avoir de la monnaie dans son portefeuille) ne sont plus aussi courants par le passé. Selon France Info, entre 2017 et 2019, ce sont 2.500 « DAB » qui ont été supprimés du territoire, en particulier dans les zones les plus rurales.
La raison ? Pas assez rentables selon les banques, qui doivent demander aux convoyeurs de fonds de parcourir de longues distances pour ravitailler les appareils et cherchent donc à limiter les frais en concentrant les distributeurs sur les zones les plus densément peuplées.

Une volonté politique
De plus, la raréfaction de la monnaie est impulsée par les pouvoirs publics, qui ont notamment limité les paiements en cash à 1 000 euros chez les commerçants, et à 300 euros dans l’administration. Pourquoi ? Tout simplement parce que les autres moyens de paiement (carte bancaire et ses dérivés, chèques) laissent une « trace » et contribuent à compliquer l’économie informelle…

L’essor du sans contact

Si l’utilisation de la monnaie semble de plus en plus limitée, c’est aussi – et surtout – parce qu’il existe aujourd’hui des alternatives crédibles aux pièces et aux billets. Lesquelles donnent entière satisfaction au quotidien.

Moins de paiements en cash , ce n’est évidemment pas moins de paiements… tout court. L’utilisation de l’argent liquide a en effet principalement été remplacée par celle de la carte bancaire, « boostée » par le développement du sans contact.

Le sans contact est ainsi accepté par un nombre croissant de commerçants – qui s’équipent, au passage, de solutions simplifiées pour la carte bancaire, comme les terminaux iZettle ou SumUp. Les plafonds de paiement sans contact sont par ailleurs régulièrement relevés. Après être passés de 20 à 30 euros, ils viennent en effet, dans le cadre de la lutte contre le coronavirus, de passer à 50 euros par opération. De quoi concerner un nombre plus grand encore d’opérations du quotidien.

Le smartphone, véritable remplaçant de la monnaie

La carte bancaire n’est pas la seule à remplacer le paiement en argent liquide. De plus en plus de consommateurs choisissent en effet de régler leurs achats… avec leurs smartphones, que ce soit en utilisant l’application de leur banque ou celle d’une marque commerciale (Apple Pay, Google Pay, Samsung Pay…).

Il faut dire que les avantages du paiement mobile sont nombreux :

  • Une excellente sécurisation des transactions ;
  • Des plafonds plus confortables que le sans contact ;
  • La possibilité de payer partout, tout le temps, même sans avoir sa carte bancaire…

La technologie séduit en tout cas les particuliers : selon une enquête réalisée par Digital Payments Study pour Visa [1], 62 % des Français utilisent désormais aussi leur portable pour gérer leur argent et leurs paiements au quotidien.